Ce médicament contre l’insomnie pourrait protéger votre cerveau de la maladie d’Alzheimer

Jules Nova

maladie d'Alzheimer

Une piste inattendue se dessine pour lutter contre la maladie d’Alzheimer : un somnifère aux vertus neuroprotectrices. Des chercheurs ont mis en lumière que le Lemborexant, déjà prescrit pour l’insomnie, pourrait ralentir la progression des lésions cérébrales caractéristiques de la maladie d’Alzheimer.

La médecine traite l’insomnie et prévient les maladies neurodégénératives

Dans un volet préclinique mené à l’Université de Washington à Saint-Louis en collaboration avec le laboratoire Eisai, des souris traitées au Lemborexant ont vu leur état de santé cérébral préservé. En pratique, le somnifère améliore la qualité du sommeil — une observation que m’a confirmée un ami participant à un essai : « Pour la première fois, j’ai fait un vrai nuit complète sans me réveiller », raconte-t-il. Mais surtout, chez ces rongeurs, les dépôts de protéine Tau — principal marqueur des dégénérescences neuronales — diminuaient nettement.

Approuvé par la FDA en 2019 pour l’insomnie et en cours d’examen par l’ANVISA depuis 2022, le Lemborexant combine déjà sécurité d’emploi et efficacité. Les expérimentateurs ont mesuré que, au terme du traitement, l’hippocampe — zone clé de la mémoire — conservait entre 30 % et 40 % de volume en plus comparé à un groupe témoin non traité.

sommeil

Mécanisme : bloquer l’orexine pour freiner le Tau

Le secret réside dans le blocage de l’orexine, un neuropeptide qui régule l’éveil et le sommeil. En neutralisant ses récepteurs, le Lemborexant limite la formation de Tau anormale, renforçant ainsi la neuroplasticité. Des essais génétiques sur les récepteurs de l’orexine ont d’ailleurs confirmé qu’en leur absence, la protéine Tau n’envahit pas les circuits neuronaux comme hors traitement.

Des résultats encourageants… avec prudence

Si ces découvertes sont prometteuses, elles restent pour l’heure cantonnées à des modèles animaux, et uniquement chez les souris mâles. Le Lemborexant n’étant autorisé qu’en traitement court terme, les effets d’une administration prolongée sur l’homme demeurent inconnus. Des essais cliniques seront nécessaires pour confirmer cette protection chez les patients, et définir la meilleure durée de prise pour conjuguer bien-être nocturne et prévention de la démence.