Je me souviens d’avoir vu ma grand-mère de 78 ans s’initier aux mots croisés numériques sur tablette. Au bout de quelques semaines, elle jubilait de retrouver plus facilement les noms oubliés et confiait se sentir « plus vive » – un petit miracle du XXIᵉ siècle qui n’aurait pas déplu à l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui recommande la stimulation intellectuelle pour freiner le vieillissement cérébral.
Une étude d’envergure pour éclairer un débat complexe
Pour trancher la question « écrans et cognition chez les seniors », Jared F. Benge et Michael K. Scullin ont passé en revue 136 études internationales (Medline, PsycInfo, Cochrane…) impliquant plus de 411 000 participants âgés en moyenne de 68,7 ans. Parmi celles-ci, 57 travaux jugés rigoureux ont alimenté une méta-analyse publiée en juin 2025 dans Nature Human Behaviour. Le constat : l’usage raisonné du numérique ne sape pas la mémoire, il la préserve (odds ratio = 0,42 ; IC 95 % : 0,35–0,52) et ralentit le déclin cognitif dans le temps (hazard ratio = 0,74 ; IC 95 % : 0,66–0,84).
Une corrélation entre usage numérique et préservation cognitive
Au-delà des chiffres, l’intérêt est palpable : des seniors licenciés à des jeux de logique en ligne ou à des applications de dessin déclarent maintenir une agilité mentale plus longtemps. Ces résultats restent vérifiés après ajustement pour l’âge, l’éducation, l’état de santé général et même la réserve cognitive, concept cher aux neurologues de l’American Psychological Association.
Tout dépend de l’usage : passif vs interactif
Regarder des vidéos peut distraire, mais ne stimule guère le cortex ; en revanche, taper un mail, résoudre un Sudoku numérique ou converser en visioconférence font travailler la mémoire de travail, la coordination œil-main et les fonctions exécutives. C’est cette pratique interactive qui fait vraiment bouger les lignes, selon la Société française de gériatrie et gérontologie.
Une opportunité pour les professionnels de santé
Les pharmaciens, kinésithérapeutes et ergothérapeutes peuvent inspirer confiance et guider les aînés vers des usages bénéfiques : formation à la tablette, recommandations d’applications validées cliniquement, séances de groupe pour briser l’isolement et encourager la stimulation cognitive.
À retenir pour l’officine
- Le numérique n’est pas intrinsèquement nocif : tout est question d’usage.
- Privilégier les activités interactives pour maximiser les effets bénéfiques.
- Intégrer ces outils dans un parcours global de maintien de l’autonomie cognitive.
- Les seniors connectés ont un atout de taille pour vieillir en bonne santé cérébrale.
Jules Nova est un blogueur passionné qui explore avec authenticité les sujets qui inspirent, questionnent et éveillent la curiosité. À travers ses articles, il partage ses réflexions personnelles, ses découvertes culturelles, ses conseils pratiques, et parfois un brin de poésie du quotidien.






